"Lire c'est voyager, voyager c'est lire" V.H.

vendredi 22 octobre 2010


Missions Sénégal

Une école et un puits !!!
Ce sont à mon sens les deux nécessités incontournables pour qu'un avenir soit envisageable dans les différents villages que nous avons pu traverser au cours de nos différents treks en Afrique ou en orient. Lorsque Daniel Cand, responsable de Double Horizon, m'a proposé de participer à une mission au Sénégal je n'ai pas hésité bien longtemps. En effet cette association se propose d'accompagner par le financement de leurs études (inscription et scolarité) des élèves de tous ages (du CP au niveau licence) dont la situation familiale ne leur permet pas d'assumer cette charge.
C'est donc le 5 septembre que je retrouve François Hanet, chef de la mission, et que nous nous envolons pour Dakar via Madrid.
Comme souvent en Afrique la descente de l'avion s'effectue sous une douce chaleur bien moite (c'est en effet la période d'hivernage, période de pluies soutenues ...). Dès l'arrivée nous nous sentons tout de suite dans le bain (au bout de 2kms le taxi tombe en panne d'essence et nous attendons une demi-heure le bidon d'essence providentiel. De plus arrivé à la chambre d'hôte tenue par un marseillais fort sympathique une seule chambre est disponible au lieu des deux prévues ...).
Dès le lendemain nous partons en taxi brousse destination Ziguinchor situé 450 kms au sud de Dakar.
Pour ceux qui ne connaissent pas le taxi brousse, il s'agit d'une Peugeot 504 break des années 18.. dans laquelle nous nous entassons à 7 (sans compter le chauffeur) et qui effectue le trajet à la moyenne de 50kms/heure (vu l'état des routes et du taxi) et ce dans un confort tout relatif et sans pose pipi!
Malgré cela chaque passager observe la plus grande discretion en prenant bien soin d'être le moins possible une gène pour son voisin.
Arrivés à bon port nous sommes accueillis par Guillemette (qui effectue ce type de mission depuis 4 ans et dont nous sommes appelés à prendre la succession). Rendez-vous est pris pour le lendemain à l'école où Pierre-Mary Coly son directeur et notre relais sur place nous accueillera.
Cette école privée confessionnelle "école du saint sacrement" accueille près de 1000 élèves dont 700 musulmans et 300 catholiques. Après une visite des locaux nous y rencontrerons certaines de familles que nous accompagnerons (15 élèves du CM2 à la seconde du lycée).
Nous y faisons également connaissance d'Aliou Diao jeune instituteur très sympathique qui est notre relais à Vélingara petite ville située à plus de 200kms de Ziguinchor à la pointe est de la Casamance. Nous n'aurons pas le temps de nous y rendre à l'occasion de cette mission mais nous nous engageons auprès d'Aliou d'y aller lors de notre prochaine mission pour rencontrer les familles et les 21 enfants accompagnés, tous scolarisés dans une école publique. Nous y faisons également connaissance de Mr Konate relais Dakar et Sénégal enseignant et consultant à Tostan une ONG qui travaille avec l'UNICEF dont je reparlerais un peu plus loin car c'est un personnage très, très attachant.
Le lendemain c'est une autre école que nous visitons, privée mais laïque cette fois et nous y découvrons un personnage étonnant voir envoûtant Mr Mingou qui a créé cette école il y a près de 10ans en commençant par construire sur son propre terrain 3 classes. Cette école "Marie Brigitte Lemaire" se situant dans le quartier le plus démuni de Ziguinchor, c'est à la demande express des habitants que celle-ci a poursuivi son développement pour y accueillir aujourd'hui plus de 300 élèves !!!. Malgré un état de santé rendu très précaire par un AVC survenu en juin dernier, Mr Mingou qui doit avoir plus de 70 printemps, nous compte avec force et passion son odyssée et la passion qui l'anime. Cette rencontre est pour moi remplie d'émotion et de gratitude. Cette fois nous allons à la rencontre de certaines familles accompagnées. C'est avec beaucoup de chaleur et de gentillesse que nous sommes reçus et que nous pouvons échanger avec les enfants et leurs projets. Je peux enfin me rendre compte en "live" de l'intérêt que peux représenter notre démarche et de la détermination de ces jeunes à apprendre. Nous n'avons pas pu échanger avec les 15 jeunes soutenus car le temps est compté et certains sont indisponibles.
Après une bonne nuit de sommeil, nous passons avec François une partie de la matinée à effectuer le compte-rendu de nos rencontres. Nous sommes par moments distraits par le vol des cigognes et des pélicans innombrables qui passent juste au dessus de nos têtes, c'est magnifique.
Après une dernière visite auprès de Pierre-Mary Coly nous nous offrons une demi-journée de tourisme et visitons sur une pirogue d'aspect bien précaire (François me fera remarquer au retour de cette excursion une faille dans la coque qui ne cessait de s'agrandir ...) l'ile aux oiseaux spectacle magnifique d'une multitude d'espèces que nous pourrions toucher si nous tendions le bras (cigognes, pélicans, aigrettes, cormorans, ibis sacrés, ...) c'est un véritable feu d'artifice d'oiseaux auquel nous assistons.
Mais nous devons repartir sur Dakar et cette fois pas question de remonter en taxi brousse, nous prendrons le bateau. François me fera remarquer que 5 ans plus tôt le précédent navire "le Diolla" faisant la traversée Dakar/Ziguinchor avait sombré avec plus de 1500 personnes à bord en en faisant ainsi la plus grande catastrophe maritime de tous les temps. Bien triste record.
Cette fois tout se passe pour le mieux malgré une mer un peu houleuse mais un coucher de soleil exceptionnel. Nous y faisons connaissance sur le pont de Monique qui vit en Casamance pour une ONG depuis 4 ans et qui, très érudit nous compte l'histoire mouvementée de cette très belle région. Des dauphins viennent nous saluer en nous accompagnant par des bonds durant un bon quart d'heure, magique!!!
Arrivés le lendemain matin au port de Dakar nous y retrouvons Monique qui nous sera d'une grande utilité car n'ayant pu joindre Guillemette (partie avant nous par taxi brousse à Dakar , elle ne supporte par le bateau ayant le mal de mer et mettra 16h pour faire le trajet) nous n'avons aucune idée où poser nos valises.
Enfin nous retrouvons Guillemette et Mr Konate qui nous donnent rendez-vous dans un quartier où nous allons rencontrer 5 des 11 élèves que nous soutenons sur Dakar. Mr Konate, Abdourahmane pour les intimes, Abdou pour les très intimes travaille à Tostan une ONG qui travaille avec l'UNICEF, ce qui lui permet d'être informé des situations les plus délicates et de visiter les endroits où le besoin d'aide est sans aucun doute le plus pressent. Abdou a le regard malicieux, séducteur et plein d'humour mais en même temps très profond qui dissimule ses douleurs sous un sourire constant. Grace à lui nous rencontrons de jeunes étonnement mûrs et pleins d'envies, je n'ai pas dis d'ambitions. Si je devais évoquer une seule rencontre ce serait celle effectuée avec Aminata. Elle vit dans ce quartier très pauvre avec ses parents ses frères et soeurs à 10 dans une pièce. Aminata a 15 ans, elle nous montre ses carnets , elle est première de sa classe avec des 18 et 20 à peu près dans toutes les matières (je dis à ses parents que je suis un peu jaloux car je n'ai jamais eu un tel carnet). Elle m'explique avec un phrasé parfait et un regard franc, direct, même pas intimidée, qu'elle lit beaucoup et compte devenir écrivain. Je lui demande où elle trouve à lire et elle m'explique qu'elle se rend régulièrement à une bibliothèque pour y emprunter des livres. Lorsque qu'elle me précise qu'elle aime particulièrement la poésie, là je suis scié!!! Rappelons nous son nom Aminata Sonko, nous pourrions en entendre parler dans quelques temps à l'occasion de la rentrée ...littéraire.
Le lendemain Abdou avait prévu d'autres visites mais malheureusement la pluie s'est mise à tomber dru ce qui a rendu certaines routes impraticables nous interdisant ainsi l'accès à ces familles. Nous retrouvons cependant Abdou et Guillemette pour finaliser les contrats de soutien sur Dakar. C'est également le jour des au revoir avec Abdou et Guillemette, celle-ci rentrant sur Paris le soir même, Abdou restant sur Dakar et François et moi partant dès le lendemain pour le Nord du Sénégal. La mission Double Horizon se termine, une autre va débuter.
François est 1er adjoint à la mairie d'Enghien et une classe de seconde d'un établissement scolaire de cette ville a monté avec l'un de ses professeurs un projet humanitaire. Ce projet consiste à construire et équiper une salle multimédia à Fanaye petite ville (plutôt gros village) situé à 220kms au nord est de St Louis du Sénégal, tout près du fleuve Sénégal. Venant au Sénégal François s'est proposé d'aller rencontrer sur place les différents relais et m'a proposé de l'accompagner.
Et c'est reparti pour le taxi brousse !!! Un peu plus de 400 kms à parcourir en changeant de taxi à St Louis. Toujours le même confort et l'espace entre les genoux et le menton réduit à une peau de chagrin. A Dagana où nous quittons notre taxi, nous retrouvons Mamadou responsable du projet sur place qui nous accueille dans une 407 équipée de la clim, le bonheur pour effectuer les 70kms qui nous restent à parcourir pour rejoindre Fanaye. Après quelques instants de repos Mamadou nous explique que nous sommes attendus au village. Nous nous y rendons donc et à notre grande surprise c'est tout le village qui nous attend, plus de 200 personnes rassemblées qui nous accueillent sous la musique et les applaudissements. Tous les notables sont réunis, nous les saluons et sommes installés à la place d'honneur S'en suivent moult discours et François un peu pris au dépourvu est obligé d'en improviser un dont il s'en sort très bien. Suivent chansons et scenettes de la troupe de theâtre local et dont le thème est l'apport de l'informatique dans la poursuite des études, bien vu et message reçu!!!
Tout ceci est charmant et bien que lessivés par le voyage et la chaleur nous poursuivons la soirée autour d'un plat de mouton dégusté en commun tard dans la nuit. J'admire en même temps le spectacle exceptionnel de ce ciel étoilé où la Voie Lactée nous apparaît comme une évidence.
Le lendemain ce seront 5 villages en périphérie de Fanaye que nous aurons le plaisir de visiter avec toujours ce même cérémonial mais également et surtout la visite de classes se résumant parfois à quelques branchages recouvert de feuilles afin de protéger les enfants du soleil (mais pas de la chaleur). Je suis en particulier touché par l'accueil de ces femmes qui nous suivent lorsque nous nous rendons vers une classe en tapant des mains et lorsque j'esquisse quelques pas de danse elles se mettent à rire et à taper des mains de plus belle. C'est peut-être cela le vrai sens du mot "communier".
Beaucoup d'images me reviennent en évoquant ces moments, l'un des plus forts est sans doute cette rencontre avec Adia Ndiaye. Il s'agit d'une jeune femme d'une trentaine d'année, assez jolie ma foi, et qui est la sage femme de Fanaye. Elle a tenu à nous faire visiter le centre de santé de ce village et je suis impressionné par le peu de moyens dont elle dispose. Et pourtant elle y arrive, bien même très bien avec les moyens du bord. C'est une femme remarquable et je me dis que Fanaye a bien de la chance de s'attacher une telle perle.
Ce deuxième soir se termine par une réunion de travail au sein de l'hôtel communautaire (mairie) où nous évoquons et traçons les points à lever afin que le projet de salle multimédia devienne réalité. Cette réunion se clôt par une remise de présents à François et moi-même. Nous sommes à la fois émus et gènés de toutes ces marques d'amitiés mais nos hôtes souhaitent ainsi nous exprimer leur gratitude au fait que nous ayons pris le temps de venir à leur rencontre depuis Paris.
Cette fois c'est la dernière ligne droite. Après une dernière soirée passée à échanger avec une dizaine d'étudiants de Fanaye (poursuivant tous de brillantes études à St Louis ou Dakar)nous partons le lendemain pour St Louis où nous y passons une demi-journée de tourisme.
l'Ile Saint Louis a le charme des anciennes cités coloniales avec ses belles maisons aux balcons en fer forgé omniprésents, et puis il y a ce fleuve majestueux qui prend toutes ses aises avant de se confondre dans la mer. Ce qui m'a le plus surpris c'est cette plage immense remplie de jeunes qui jouent au foot ou se baignent dans la mer on se croirait à Rio. Bien entendu on admire le pont Faidherdes et l'hôtel où les pionniers de l'Aéropostale faisaient escale avant le grand saut au dessus de l'atlantique, celà me remémore "vol de nuit", Mermoz, Saint Exupéry, Latécoère. Mais pour notre retour sur Dakar Point de "Spirit of saint Louis" non c'est le taxi brousse qui nous attend pour une dernière épreuve (j'allais écrire: une derrière épreuve).
Dernier petit tour dans Dakar, au revoir Pierre-Marie, Aliou, Abdou, Amineta, Mamadou et tous les autres, c'est promis nous reviendrons et cela nous fera tellement plaisir de vous retrouver l'an prochain.



Le Bénin c’est ‘’tourustique !’’


Dès l’arrivée à Cotonou, c’est le choc. Nous sortons de l’avion et entrons dans un four ! C’est chaud, très chaud et humide. Il va falloir s’y habituer ! Heureusement Armand notre guide est là tout sourire et nous conduit dans le mini bus « Renault Master » qui nous servira de « diligence » mais pas toujours avec diligence, durant ces deux semaines. Premier contact également avec notre chauffeur Saïd, le sourire franc, les yeux noirs, profonds, attachant.
Premier « hôtel » pas terrible, rustique, très rustique ! Mais après tout nous y sommes dans l’Afrique authentique. Le lendemain après un long passage à la banque pour le change, nous remontons vers le Nord. Heureusement car l’air de Cotonou est vraiment âcre et prend très rapidement à la gorge. Il nous faudra 10 heures pour rejoindre Natitingou à près de 550 kms de Cotonou.
Heureusement en chemin nous découvrons la Béninoise avec sa couleur ambrée, cette merveilleuse sensation lorsque l’approchant de nos lèvres on perçoit son parfum et puis cette douceur infinie lorsque notre bouche en est emplie. Je parle bien entendu de ce breuvage appelé « bière ». Nous faisons également en cours de route le plein d’ananas succulents qui nous serviront de dessert durant tout le Trek (sauf pour Raymond, il déteste l’ananas !)
Le soir même rencontre avec Alain qui sera le guide de ce trek. Le lendemain, c’est parti. Les porteurs sont au rendez-vous. Nombreux, jeunes discrets et efficaces ils prennent en charge le lourd, nous nous occupons du léger et de l’eau, surtout de l’eau.
Premières rencontres avec le peuple Somba et leurs Tatas (pas de confusion SVP, il s’agit de l’habitat traditionnel des Sombas). Ils nous regardent avec curiosité, prudence et retenue. Ils vivent dans le plus grand dénuement et j’éprouve une certaine gène à fixer sur la pellicule ces visages typés, marqués mais magnifiques. Les enfants sont eux souvent plus joueurs et les plus audacieux se prêtent rapidement au jeu de la photo et posent avec un grand sourire.
Belle surprise et beau spectacle à l’approche d’un village. C’est la fête car la récolte a été bonne. C’est la foule, ça chante, ça danse et joue de la musique. Nous sommes ravis et avons du mal à quitter cette ambiance très chaleureuse. Mais notre guide nous rappelle gentiment à l’ordre « on évolue !» assène-t-il et nous poursuivons notre chemin sous une chaleur accablante.
Autre surprise et là je suis sidéré ! Des enfants sortent de l’école et passant devant nous, ils nous saluent un à un en croisant les bras. Nous sommes à mille lieux des amas d’enfants de certains pays ou de l’indifférence régnant dans nos contrées dîtes civilisées. Cadeaux, stylos (ils n’avaient rien demandé), photos, « on évolue » nous rappelle Alain.
Encore une surprise, deux chasseurs un avec en bandoulière un fusil d’un autre temps, l’autre muni d’un arc et de flèches dont certaines sont empoisonnées ! Décidement on a bien fait de venir ! Que du brut, de l’authentique !
Premier soir à la cascade (petite) mais de l’eau ! Fraiche et qui s’écoule doucement en alimentant un petit plan d’eau où nous nous plongeons avec délectation malgré les recommandations de Monique qui nous explique toutes les maladies que nous pourrions attraper mais qui fini par nous rejoindre !
Les trois jours suivants seront ponctués d’autres belles surprises : Ce point de vue immense de la falaise que nous descendrons avec la plus grande prudence puis que nous remonterons un peu plus loin le soir (une montée de plus d’une heure très hard !) pour aller chez « Parfait » boire la meilleure bière qui n’ai jamais coulé dans mon gosier assoiffé (et je ne suis pas le seul à le penser).
Grosse frayeur en redescendant car Laurence et Walter sont perdus avec leur « guide » dans les éboulis ! Ce n’est que plus d’une heure après notre retour qu’ils nous rejoindrons bien fatigués et bien éprouvés.
J’ai aimé cette rencontre avec les enfants d’une école perdue au fin fond de la savane mais qui comporte plus d’une centaine d’élèves. Et toujours cet accueil, tous en cœur pour nous saluer. C’est touchant et ça prend aux tripes.
J’ai aimé cette pause dans un village togolais où le maçon de ce lieu tentait de négocier avec Raymond l’échange de Muriel avec des têtes de bétail ! Crises de rires, photos, le pied quoi !
J’ai aimé ces enfants qui dans le village d’Alain (notre guide) regardaient avec discrétion et chuchotaient pour ne pas me déranger tout en scrutant le dessin que je tentais de d’effectuer.
J’ai aimé leurs sourires et leurs yeux ébahis lorsque nous avons imprimé les photos que nous venions de prendre.
J’ai aimé cette soirée où tout le village s’est réuni autour de nous pour assister aux danses traditionnelles proposées par l’association locale. J’étais subjugué par ces corps qui dansaient au rythme d’instruments dont j’ai totalement oublié les noms. Ces jeunes hommes et filles à peine pubères dont les formes se dessinaient dans la nuit à la seule lueur d’une lampe à pétrole, c’était magnifique et magique.
Et puis ce fut le retour à Natitingou et la descente sur Abomey. Je vous passe les péripéties du voyage, pneu crevé, pneu de secours rechapé explosé après quelques kilomètres, lame d’amortisseurs ayant envie de se faire la malle, courroie de ventilation qui elle, se fait la malle. Aucun problème ! Saïd est là stoïque ! il va, il vient, dessus, dessous (surtout dessous) il bricole, répare et ça repart !
A Abomey visite du musée (à voir) puis direction Ganvié et là encore un très gros choc, une ville sur pilotis ! 35000 personnes vivent sur l’eau, c’est énorme ! nous y dormirons (enfin nous essaierons ) mais quel spectacle ces pirogues qui glissent sur l’eau dans le plus grand silence (tout relatif because le générateur de « l’ hôtel »qui veut absolument nous faire comprendre qu’il fonctionne). Toute cette vie en permanence sur l’eau est fascinante et dès 4 heures du matin je m’installe pour le spectacle (de toute façon la chaleur est telle qu’il m’est impossible de dormir) .
C’est à regret que nous quittons Ganvié, direction Grand-Popo en passant par Ouida où nous prendrons un peu plus conscience du sort réservé aux esclaves destinés à servir de bête de somme outre atlantique. C’est émouvant, même si le guide local trop gourmant nous prend la tête mais ignorait qu’il était tombé sur un os de taille appelé Raymond !
Enfin nous voici à Grand-Popo le long du golfe de Guinée pour la dernière étape de notre séjour. Un peu de farniente, on apprend à notre guide à nager, on se ballade dans la « bouche du roi », on se baigne avec prudence dans l'océan atlantique à 27°, c’est cool.
Une dernière très belle rencontre nous attend. C’est dans un village de pêcheurs que nous partagerons de belles émotions. On est invité à gouter leur repas, on tire avec eux en rythme et en chants syncopés leur filet qui est installé en mer à près d’un kilomètre de distance. On prend des photos, on les tire, on s’amuse ensemble, c’est génial !
La dernière après-midi à Cotonou est réservé aux achats de souvenirs et après un dernier déjeuner très sympa dans un maquis puis un diner moins sympa dans un restaurant, direction l’aéroport. Adieux trop rapide à Armand notre guide et surtout à Saïd notre chauffeur auquel je n’ai pas le temps d’exprimer l’affection que j’ai pour lui. Dommage !
Alors le Bénin, oui c’est « tourustique », c’est authentique, c’est parfois éprouvant mais tellement attachant


Laos, je me souviens …

Je me souviens de mon impatience à découvrir ce pays un peu énigmatique.
Je me souviens du premier jour de trek, de ce matin ou dans une brume encore épaisse nous cheminions au milieu des rizières en terrasse.
Je me souviens de ce soleil plutôt bienveillant qui commençait à pointer au dessus de nos têtes et qui progressivement nous réchauffait.
Je me souviens de ce premier contact avec ces trois femmes assises à l’abri d’un grenier à riz. Etaient-elles Ko, Lao ou Kamu je ne m’en souviens plus. Je me souviens qu’elles étaient incroyablement dignes et parfaitement en symbiose avec leur environnement dans ces tenues traditionnelles aux couleurs vives et pleines de grâce. Ce fut le premier choc.
Je me souviens de cette longue marche sous un soleil radieux et dont la destination était cet incroyable village perché le haut d’une colline.
Je me souviens de tous ces gens qui nous entouraient. Ils semblaient aussi curieux de nous voir que nous de les rencontrer, et notre envie de fixer leurs visages sur la pellicule n’avait d’égal que l’intensité de leur regard leur permettant sans doute à chacun de fixer ces instants dans sa mémoire.
Je me souviens de ces sourires et de ces rires lorsque nos échangions sur la signification de certains mots dans nos langues respectives : le nez, la bouche, les oreilles, que de rires partagés !
Je me souviens de cette jeune fille et de son regard qui brillait d’intelligence, incroyable, j’avais le sentiment que nous nous comprenions !!!
Je me souviens de ce diner, de ce massage puis de ce couché passé sous leurs regards empreints de saine curiosité. Pour une fois l’œil du touriste avait changé de camp !
Je me souviens de cette nuit durant laquelle je n’ai pas dormi, de cette télé anachronique diffusant une musique étrange et lancinante, de cet homme rentrant tardivement et discutant avec sa conjointe en oubliant totalement notre présence, de cet enfant pleurant et réconforté par une douce voix féminine, de ces chiens aboyant et de ces coqs dont l’horloge interne était manifestement mal réglée, de cette ampoule continuellement allumée au dessus de nos yeux. Et curieusement j’étais bien, véritablement heureux de vivre chaque seconde écoulée et de m’en imprégner.
Je me souviens étant sorti durant la nuit, de ce ciel aussi extraordinaire qu’en Lybie et de cette étoile filante qui me faisait un signe.
Je me souviens de nos bains dans la rivière, de nos rires, de ces moments de plénitude.
Je me souviens de la descente du Mékong, de la tranquillité et de la sérénité qui se dégageait de nous. D’aucuns lisaient, somnolaient, dessinaient, admiraient le spectacle qui se déroulait tout autour. C’est beau ces petits moments d’éternité.
Je me souviens de ce moinillon, de ce novice avec lequel j’ai échangé quelques mots en anglais et de cette poignée de main par laquelle nous avons scellé cette éphémère amitié.
Je me souviens de ces moments d’intimité partagés avec chacun puis de cette joyeuse équipée qui se retrouvait afin de partager ces moments de grâce.
Parfois ce Laos je me demande si je ne l’ai pas rêvé ? Et pourtant ces souvenirs sont si présents en moi que tout ceci et bien d’autres moments ont sans doute du être bien réels, alors merci, merci à la chance de l’avoir vécu.


Martine et Gilles s'envoient en l'air ...

Lorsque, discutant un jour avec des collègues de bureau je leur dis que je ne ferais jamais de saut à l’élastique mais que par contre, je serais tenté par le saut en parachute. Je ne me doutais pas qu’à l’occasion de mon départ en préretraite en Juillet 2007, ces derniers se souviendraient de ce propos et m’offriraient l’occasion de vivre cette expérience.
Très surpris par ce présent, j’étais à la fois ravi mais je l’avoue un peu stressé à l’idée de concrétiser ce cadeau. Martine, ayant elle depuis longtemps l’envie de faire cette expérience, nous décidons de sauter ensemble. Les circonstances faisant, ce n’est qu’en début 2008 que je reprends contact avec le centre de parachutisme de Brienne le Château (Club réputé retenu par les collègues 
http://www.cps-brienne.com/ ). Nous prenons R.V. pour le samedi 23 Février mais le temps étant incertain dans cette période hivernale, nous convenons de leur téléphoner la veille afin de savoir si les prévisions météo seront bonnes. Pas de chance, vendredi 22 la météo est encore aléatoire, il faudra retéléphoner samedi matin.
Nous sommes samedi, je me lève assez tôt, et dès 9h je téléphone à Brienne (le temps est gris sur Paris et je pense que c’est cuit pour aujourd’hui). Réponse de l’accueil de Brienne « on annonce grand beau temps, vous pouvez venir ». A ce moment c’est à la fois la joie et l’appréhension qui m’envahissent. Allez ! Quand faut y aller, faut y aller ! Je réveille Martine et lui annonce la nouvelle, c‘est le grand jour. Vite préparés, nous prenons la route direction Troyes. Le temps s’éclairci effectivement rapidement. Après 2 bonnes heures de route, nous sommes sur Troyes mais le temps se couvre à nouveau. Enfin nous trouvons facilement Brienne et son aérodrome.
L’accueil est encore fermé, nous nous adressons donc au bar et la charmante jeune femme qui nous reçoit nous conseille très vivement de manger avant le saut (mais de ne pas boire de bière). Aussitôt dit, aussitôt fait, poisson pour Martine, coq au vin pour moi, c’est très simple mais très bon. Nous sommes pratiquement seuls dans la salle mais l’ambiance est très conviviale. Dès le café bu, nous nous dirigeons vers l’accueil pour les formalités (certificat médical, coordonnées, etc.). Dès notre sotie de l’accueil un moniteur se présente. Il s’appelle Yvan et se propose de nous expliquer comment le saut va se dérouler, ce que nous devrons faire et surtout ne pas faire. Il est pro, souriant, rassurant. Le temps étant toujours couvert il nous dit qu’il faut attendre. Nous lui expliquons qu’en attendant, nous voudrions en profiter pour visiter Brienne, il est OK mais prend mon numéro de portable nous expliquant que dès qu’une éclaircie se présente il faudra en profiter pour décoller rapidement. Bien compris, nous reprenons la voiture, un œil toujours orienté vers le ciel. A peine arrivés à Brienne, coup de fil, c’est Yvan, il fau revenir, l’éclaircie se dessine. A notre retour nous attendons encore un quart d’heure puis Yvan annonce, « c’est OK on y va, c’est Gilles qui saute en premier ».
Yvan m’harnache (au sens propre du terme puisqu’il me fait enfiler un harnais) et nous nous dirigeons vers l’avion. Un dernier bisou à martine (on ne sait jamais) et je ne retrouve dans un petit avion. Nous somme 8 ou 9 serrés les un contre les autres mais je suis le seul à sauter en tandem. Décollage, à 700 mètres nous passons la couche de nuages, à 1500 mètres Yvan précise que c’est à cette altitude qu’il ouvrira le parachute. Je me sens relativement bien, on est au dessus des nuages, c’est beau comme en montagne. A 3000 mètres, Yvan serre le harnais, je m’assois tant bien que mal sur ses genoux, il me rappelle la façon dont nous allons sortir de l’avion, les autres parachutistes finissent de s’équiper, casques, lunettes, la pression commence à monter. A 3800 mètres tous le monde se souhaite bon vol, puis plus personne ne parle, je les sens tous concentré. 4000 mètres, la porte s’ouvre, je sens le froid pénétrer l’appareil. 4300 mètres, le pilote donne l’autorisation de sauter. En quelques secondes 2, 3,4 puis 5 parachutistes ont quitté l’appareil. Je m’aperçois qu’il ne reste plus dans l’avion que Nedj le cameraman, Yvan et moi. Très vite Yvan ne dit « en position », je quitte le banc, je passe la porte, les pieds et le corps dans le vide, sourire (crispé) à la caméra et c’est parti !!!
Là, c’est le grand choc, le froid, le bruit, le vent, le cœur qui se soulève, quelle montée d’adrénaline ! Mes mains tiennent les sangles du harnais (consignes obligent), çà va vite, très vite (300 km/h) au bout de quelques secondes yvan envoie le ralentisseur, nous ne sommes plus qu’à 220km/h…. Yvan me fait signe (comme convenu) d’écarter les bras, ça y est, je ne tombe plus, je vole !!! C’est géant, je souri à la caméra, quel pied !!! Encore quelques secondes et yvan me fait signe (toujours comme convenu) qu’il va ouvrir le parachute. Là, ça secoue fort, on freine brusquement et on se retrouve pendu au parachute alors qu’une seconde avant on était allongé sur l’air. A présent c’est le silence qui est impressionnant, j’en profite pour essayer de reprendre mon souffle, les quelques secondes précédentes ont été ‘viriles ‘ . J’admire le paysage. C’est beau, c’est grandiose. Yvan peux à présent me parler. Il me montre les lacs puis me dit de prendre les sangles permettant de diriger le parachute. Je tire à gauche et nous voici entrain d’effectuer une ronde, un coup à droite et c’est reparti dans l’autre sens, c’est super. Mais nous nous rapprochons du sol, Yvan me désigne la piste, il me fait répéter la position d’atterrissage, jambes pliées, talons en avant (comme en skie dans la poudreuse, m’a t’il précisé) Il me rappelle que dès que l’on touche le sol il faudra se mettre à courir. Ca y est le sol se rapproche rapidement, jambes fléchies, talons devant, contact, coures ! coures ! me crie yvan, c’est bon ! Retour sur la terre ferme, c’était génial. Yvan me congratule, je le remercie ainsi que Nedj le caméraman, je suis très heureux.
Maintenant c’est au tour de martine, je décide de ne rien lui dévoiler de mes sensations afin que nous les partagions ensemble après, alors à toi, martine.
Enfin, après 4 heures de patiente mon tour arrive. Je pensais être avec Yvan mais c’est Patrice qui va voler avec moi, Yvan tiendra la caméra. Patrice est sympa et rassurant. Bien harnachée, nous nous dirigeons vers l’avion. Première surprise, la marche est haute et le harnais me gène pour grimper dans l’avion. Patrice m’aide à me hisser et nous nous asseyons à califourchon sur un petit banc. Un autre passager s’installe …. sur une de mes cuisses aie ! aie ! aie !, il est lourd ! 8 ou 9 personnes dans la carlingue, la promiscuité est grande. Non seulement mon voisin est lourd, mais il bouge et s’appuie sur ma deuxième cuisse. Je ne pensais pas être amenée à faire un jour un vol dans cette position confortable coincée entre deux hommes les jambes complètement écartées … Patrice est là pour me rassurer et répète tout le temps que dure le vol (12 mn pour atteindre 4000 m) les gestes à effectuer dès l’ouverture de la porte. Un à un chacun saute et mon tour arrive. Je m’accroche à mon harnais et assis les pieds dans le vide, la tête sur l’épaule de Patrice c’est le grand saut. Le bruit du moteur a étouffé mon cri de surprise. .. C’est époustouflant, on tourne dans tous les sens, le vent souffle fort on se croit dans un manège. Mais bientôt la voile est déployée et c’est le moment extraordinaire ou l’on plane dans les airs, dans un silence absolu. Nous traversons des nuages, apercevons les lacs et l’aérodrome. Yvan nous fait des signes. Nous nous balançons dans les airs. C’est génial. Mais la terre approche. Patrice m’invite à plier les genoux pour atterrir mais je ne parviens pas à courir et c’est la chute sur les genoux (en douceur). C’est déjà fini ! C’est avec regret que nous quittons l’aérodrome après avoir salué Yvan et Patrice et avec le rêve secret de revenir un jour.
E X T R A O R D I N A I R E


Merveilleux Mali

Lorsque je me retourne et que je regarde et que je respire notre semaine au mali de nombreux sentiments viennent à moi. Tous d’abord vous tous, ce groupe empreins à la fois de légèreté et de profondeur, de bienveillance et de prévenance, des phrases des discussions, pas trop, pas trop peu, c’est bon, c’est apaisant. J’aime bien ces sourires, ces regards ces échanges pas forcément verbaux mais qui en disent long sur notre état d’être (j’ai pas trouvé d’autre terme).
Et puis il y a bien entendu ce pays, ces paysages et ce peuple. De Mopti, je garde la sensation de quelque chose de fort, d’épicé, de violent, de contrasté mais attirant car adouci par ce fleuve et cette rive face à la ville pratiquement vierge et sauvage mais également adouci par ces sourires, ce contact direct, palpable au sens propre du terme, avec les gens.
Du pays Dogon, c’est le caractère authentique ainsi que la véritable symbiose qui relie ce peuple à son environnement qui me vient en premier à l’esprit. Sous ce climat difficile, ces paysages magnifiques mais quelque peu rigoureux pour un occidental moyen comme moi, les Dogon ont su construire une structure de société totalement adaptée. Mais à contrario, c’est un sentiment de tristesse lorsque (malgré nos plaisanterie de bas de gamme) je regarde le statut de la femme, l’état sanitaire des enfants, ce peuple démuni de tout. Et pourtant, ils sont vivants ! Ils échangent, nous sourient, nous accueillent, nous prennent la main. Je n’ai à aucun moment ressenti la moindre violence de leur part, ils sont authentiques à l’image de leur pays.
Lorsque je repense à eux c’est une véritable émotion qui m’emplis. Je pense que c’est le plus beau cadeau que je rapporte de ce merveilleux pays.